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Rencontre avec Karina Assis, Ingénieur Process, Vallourec Star

11/06/2020 - Carrières

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Lorsque Karina Assis, alors adolescente, visite une aciérie à l’occasion d’un voyage scolaire dans son Brésil natal, elle se sent immédiatement comme chez elle. Vingt ans plus tard, titulaire d’un doctorat, lauréate d’un prestigieux prix du secteur et forte d’une expérience professionnelle sur deux continents, elle continue de nourrir sa passion pour l’industrie, habituée depuis sa plus tendre enfance à être la seule femme dans la pièce. 

Quel est votre rôle chez Vallourec ?

Je suis ingénieure process au sein de l’équipe Operations Technology. Notre mission consiste à améliorer la qualité, les coûts et l’efficacité des projets. En théorie, nous sommes en mesure de fournir une assistance technique partout où cela est nécessaire ; dans la pratique, je me consacre pleinement à l’aciérie Vallourec Star à Youngstown, dans l’Ohio. Je me sens membre à part entière de leur équipe. 

Quelle est votre journée type ?

Toutes mes journées commencent par une réunion avec la production – environ 20 managers, responsables, opérateurs et fondeurs – au cours de laquelle je présente les KPIs (indicateurs clés de performance), puis nous discutons de tous les problèmes rencontrés la veille et nous planifions les projets. Le reste de la journée varie en fonction du projet en cours. Régulièrement, je passe quelques heures à observer les process. D’autres jours, je me consacre exclusivement aux données, ce qui implique beaucoup de travail informatique. Je traite une grande diversité de projets, avec des objectifs communs. Lorsque je travaille avec l’équipe, je passe en revue les process afin d’identifier les axes d’amélioration et je cherche constamment des moyens de réaliser des économies sans toutefois renoncer à la qualité.

Quel a été votre parcours ?

À l’école, j’ai toujours aimé les matières scientifiques. Puis un jour, nous avons visité une aciérie et j’ai eu un déclic. C’est comme si je voyais les équations mathématiques se concrétiser sous mes yeux. Les gens travaillaient dur. L’aciérie était immense, lumineuse et impressionnante, et je me suis dit que j’y aurais ma place . 

Au départ, je travaillais dans la recherche. J’ai passé un diplôme de premier cycle en ingénierie chimique, puis un doctorat en science des matériaux et en ingénierie aux États-Unis, dans une spécialité liée à la fonderie. Mon époux travaille chez Vallourec, et alors que je terminais mon doctorat, j’ai eu l’occasion de m’installer en France et de travailler au centre de recherche VRCF en qualité de chef de projet. Les sujets de recherche étaient passionnants, et mon travail portait aussi bien sur la gestion de la caractérisation métallurgique dans des projets liés à la corrosion que sur l’assistance technique pour la recherche exploratoire relative à de nouveaux processus de soudage. Mais lorsque nous sommes rentrés aux États-Unis, j’ai su que je voulais travailler sur le terrain. C’est ainsi que j’ai passé un entretien chez Vallourec Star pour un poste qui offrait tout ce que je voulais : un travail concret et stimulant dans une entreprise pour laquelle les gens ont envie de travailler.

Qu’est-ce que vous aimez dans votre travail… et qu’est-ce qui est le plus stimulant à vos yeux ?

J’ai travaillé à la fois dans la recherche et sur le terrain, et je préfère nettement ce dernier. Dans la recherche, on ne voit pas le produit final. La vie de l’aciérie est plus dynamique et les solutions ne sont pas soit bonnes soit mauvaises. Dans la production, il n’y a pas de temps à perdre. Il faut jongler entre les priorités. On ne cherche pas la solution théoriquement parfaite, on cherche un compromis : comment fournir la meilleure qualité dans les meilleurs délais. 

J’apprends beaucoup des personnes avec lesquelles je travaille et je dois sans cesse m’adapter. C’est une véritable expérience d’apprentissage. Dans la recherche, on ne doit pas s’adapter de la même manière. Sur le plan personnel, je trouve cela à la fois gratifiant et stimulant. Paradoxalement, la partie de mon travail qui m’effraie le plus est aussi celle qui le rend intéressant !
Compromis
Karina Assis

Dans la production, il n’y a pas de temps à perdre. Il faut jongler entre les priorités. On ne cherche pas la solution théoriquement parfaite, on cherche un compromis : comment fournir la meilleure qualité dans les meilleurs délais. 

Karina Assis Ingénieur Process, Vallourec Star

Vous avez travaillé à la fois en France et aux États-Unis : quelles différences avez-vous remarquées ?

J’ai travaillé en France pendant un an et j’ai été frappée par plusieurs différences marquantes. L’une d’elles portait sur le processus décisionnel. D’après mon expérience, les Français adoptent une approche analytique face au risque, et les décisions sont le fruit de réunions et de discussions au cours desquelles les différentes options sont étudiées. Aux États-Unis, j’ai remarqué que les décisions s’inscrivent davantage dans une démarche du type « essayons ce plan et s’il ne marche pas, nous procéderons autrement ». Et en termes de loisirs, la différence est flagrante : les Français aiment voyager et manger dehors, tandis que les Américains aiment profiter au mieux de leur foyer et de leur communauté locale. J’ai beaucoup de chance d’avoir pu vivre dans ces deux cultures !
Photo de groupe Karina Assis

Qu’est-ce qui vous plaît dans le fait de travailler chez Vallourec, et comment envisagez-vous votre évolution de carrière ?

J’aime les gens : les différentes personnalités de mes collaborateurs sont une véritable richesse ! Nous travaillons très bien ensemble : ils sont toujours ouverts à mes idées et ils me font suffisamment confiance pour les mettre en pratique afin de voir si elles fonctionnent. Et de mon côté, j’apprends de nouvelles choses tous les jours. Sur un plan plus large, Vallourec nous apporte un excellent soutien. J’ai suivi une formation Lean Six Sigma et je suis en train d’étudier pour atteindre le niveau black belt (ceinture noire). Je me vois continuer d’occuper un poste sur le terrain : plus tard, j’aimerais élargir mes fonctions pour couvrir d’autres étapes du process.

Quels conseils donneriez-vous à des femmes envisageant de faire la même carrière ?

J’ai la chance de faire partie de la première génération de femmes brésiliennes qui ne souffre pas de stigmatisation en travaillant dans les domaines de la science et de l’ingénierie. Mais je dois encore faire face aux commentaires négatifs des personnes qui associent l’aciérie à un environnement sale. Et beaucoup de ces commentaires proviennent de femmes. Je crois qu’il nous faut changer les idées préconçues. Bien sûr, travailler dans une aciérie il y a cent ans devait être abominable, mais ce n’est vraiment plus le cas aujourd’hui.

Il peut encore être difficile pour une jeune femme de décider de travailler dans un domaine encore tant dominé par les hommes. Il faut vous habituer à l’idée que vous serez souvent la seule femme dans la pièce. Voici mon conseil : ne vous sentez pas intimidée. Tenez bon, ne vous laissez pas dénigrer et soyez fière de ce que vous faites.
L’équipe de Vallourec aimerait féliciter Karina pour le prix qu’elle a récemment reçu : en avril 2019, elle a reçu la médaille Adrian Normanton pour un article scientifique basé sur sa thèse (Improved cold-finger measurement of heat flux through solidified mould flux, publié dans Ironmaking and Steelmaking). Cette récompense est décernée au meilleur article technique sur le sujet de la sidérurgie ou de la fonderie. 
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