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Résilience, enjeux et perspectives 2021, entretien avec Olivier Mallet, membre du Directoire, Directeur financier et juridique

14/04/2021 - Economie - Stratégie - Industrie - Refinancement

Olivier Mallet revient sur l’impact pour Vallourec de la crise du coronavirus, entraînant un choc économique brutal, ainsi que sur les mesures mises en place par le Groupe pour faire face et continuer à se projeter vers l’avenir.

Comment la crise du coronavirus a impacté Vallourec ? Comment avez- vous réagi ?

Olivier Mallet : Cette crise a eu des conséquences très lourdes sur la plupart de nos secteurs d’activité. Le marché Pétrole & Gaz en tête, où elle s’est traduite par une chute de la demande et des prix du pétrole au deuxième trimestre, suivie d’une forte baisse d’activité de nos clients pétroliers et gaziers. Ce qui a bien sûr eu un impact sur nos résultats annuels (voir en page 04). Face à cette situation, nous avons agi très rapidement. Tout d’abord aux États-Unis, qui est la région la plus volatile et où la baisse de l’activité a été la plus violente. Dès le mois de mai, nous y avons réduit les effectifs de plus de 30 %. D’autres mesures de ce type ont également été prises au cours de l’année notamment en France, en Allemagne et au Brésil. Ces décisions ne sont pas faciles et nous sommes pleinement conscients des efforts qui sont demandés à tous les collaborateurs. Mais nous savons également que chacun dans le Groupe est pleinement conscient des enjeux et mobilisé pour affronter cette crise collectivement.
Les opérations de réduction de coûts que nous avons lancées nous ont permis de réaliser des économies de 165 millions d’euros en 2020, dépassant ainsi largement notre objectif initial de 130 millions d’euros. Nous visons au moins 400 millions d’euros d’économies brutes additionnelles d’ici 2025.

Mais nous savons également que chacun dans le Groupe est pleinement conscient des enjeux et mobilisé pour affronter cette crise collectivement.

Olivier Mallet

Quelles sont vos projections pour l’activité de Vallourec dans les mois à venir ?

O.M. : Cette crise est particulière en ceci qu’elle est essentiellement conjoncturelle, puisque déclenchée par la pandémie de Covid-19. Ce qui est très différent, par exemple, de celle de 2014 qui provenait d’une rupture technologique avec l’apparition du gaz et du pétrole de schiste aux États-Unis. Les analystes s’accordent ainsi à dire que d’ici 2022 ou 2023, la demande mondiale de pétrole reviendra à un niveau proche d’avant-crise, soit environ 100 millions de barils par jour. 
La compétitivité du Groupe est un atout crucial pour lui permettre de passer ce cap, et nous visons de nouvelles économies. Nous pouvons également compter sur des zones de résilience. Ainsi, au Brésil, nous bénéficierons de prix élevés pour notre minerai de fer et de l’accélération des livraisons de nos tubes premium pour l’activité offshore.

En quoi votre plan de refinancement vous donne-t-il une base solide pour aborder 2021 et les années à venir ?

O.M. : Cette restructuration financière répond aux deux objectifs majeurs que nous nous étions fixés. À savoir réduire notre dette d’un peu plus de la moitié (soit 1,8 milliard d’euros) et maintenir une liquidité suffisante pour faire face aux aléas éventuels (1,4 milliard d’euros à fin 2020). La dette résiduelle sera, quant à elle, remise en place sur les cinq années à venir dans de bonnes conditions. Ce refinancement nous permettra donc de déployer notre stratégie, qui se fonde sur l’amélioration de notre résultat brut d’exploitation grâce à notre compétitivité, à la reprise progressive de nos principaux marchés à partir de 2022 et, à terme, aux effets des innovations développées dans les domaines des services et de la transition énergétique.