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Women in [email protected] : Entretien avec Hélène Dalmont, Responsable des matières premières et du contrôle qualité - QHSE Europe / Afrique

11/02/2021 - Carrières

[Women in [email protected]]

Lorsqu’elle a rejoint Vallourec en 2008, Hélène Dalmont, jeune ingénieure, fraîchement diplômée de l’École des Mines de Nancy, n’avait aucune idée des défis auxquels elle serait confrontée.

Une chose est sûre, elle avait hâte d’approfondir ses connaissances et de profiter pleinement de l’environnement technique de haut niveau qu’elle avait la chance de côtoyer au VRCF (Vallourec Research Center France).
 

Hélène, pouvez-vous nous en dire plus sur vos débuts chez Vallourec ?

Au VRCF, j’étais en charge du développement des nuances d’acier visant à améliorer nos performances en matière de qualité. Pour élargir son champ de compétences, il est primordial de compléter ses connaissances théoriques avec une expérience de terrain. Ce travail m’en a donné la possibilité. En outre, six mois après mon arrivée, on me demandait de diriger une équipe de techniciens de R&D, qui s’est progressivement élargie avec des ingénieurs et des docteurs en métallurgie. Je plongeais ainsi directement dans le management. 

« Ces années ont été très formatrices. À 23 ans, il faut faire preuve d’un peu d’humilité et apprendre rapidement de ses erreurs pour gagner en crédibilité et réussir sa mission de manager. J’ai eu la chance d’avoir ces opportunités ainsi que des collègues toujours présents pour soutenir les jeunes ingénieur-e-s, j’en suis bien consciente», commente Hélène.

Quelle est votre mission chez Vallourec aujourd’hui ?

Depuis 2014, ma mission est de développer une vision d’ensemble de nos performances qualité avec nos fournisseurs d’acier (principalement HKM*, notre partenaire de longue date). Nous souhaitions modifier notre approche pour améliorer nos performances, notamment en matière de coûts de non-qualité.  Ce nouveau poste a été créé dans ce contexte.

La première étape a consisté à dresser un diagnostic complet pour s'assurer que l'organisation choisie conviendrait à toutes les parties prenantes. 
Défi
Hélène Dalmont

C’est un véritable défi de modifier les modèles existants. Toutes les parties prenantes doivent comprendre le sens de ces changements si l’on veut obtenir leur adhésion. Nous avons identifié des leviers communs à plusieurs tuberies ou produits, recherché des synergies et nous nous sommes focalisés sur les sujets présentant un intérêt significatif, que ce soit pour nos clients ou en matière de coûts. Une équipe multidisciplinaire, regroupant les compétences de tous les acteurs, a ainsi pu concevoir un plan d’actions concret.

Hélène Dalmont Responsable des matières premières et du contrôle qualité, Vallourec Tubes France
Ce travail d’équipe nous a permis de développer et de mettre en œuvre un plan visant à  résoudre nos problèmes de qualité sans oublier les contraintes techniques du fournisseur. Un excellent effort collectif, c'est certain ! 

En plus de cette mission, j’ai également géré le plan de prévention des risques majeurs en matière de qualité qui est aujourd’hui bien en place.

Changer un modèle établi de longue date provoque inévitablement des réticences. Quelles ont été les principales difficultés ?

La première difficulté était de gagner la confiance de toutes les parties afin de travailler de manière fluide et équitable dans l’intérêt de tous et d’établir une véritable relation de partenariat. 

Les compétences techniques peuvent être acquises grâce au travail personnel et au soutien de ses collègues. Mais convaincre et fédérer les personnes autour d’un projet, mélanger des équipes internes aux profils divers avec celles des fournisseurs, qui plus est de différentes cultures, c’est un travail difficile. Vous avez tellement de perceptions et d’attentes différentes !

La décision de créer un nouveau poste central a  soulevé certaines questions, à la fois en interne et du côté du fournisseur. 

« En France, il est courant pour un jeune ingénieur d’enrichir son expérience avec le temps et de considérer qu’il peut apporter une valeur ajoutée aux différents stades de sa carrière. En Allemagne, les postes techniques sont souvent réservés aux titulaires de doctorat, c’est-à-dire des experts. Il est inhabituel de voir un ingénieur généraliste gérer un plan d’amélioration continue pour les matières premières, comme je l’ai fait. Bien sûr, il y a eu au début des doutes sur ma légitimité et ma capacité à comprendre les problèmes et contraintes techniques», ajoute Hélène.

Nous souhaitions évoluer d’une relation client-fournisseur classique à celle d’un vrai partenariat pour optimiser nos performances tout au long de la chaîne de valeur et contribuer ainsi à pérenniser nos activités.

Comment avez-vous surmonté ces difficultés ?

Une partie du travail consistait à écouter toutes les parties, à expliquer les enjeux, quels produits ou quelles commandes étaient critiques, pour bien faire prendre conscience des différents points à sécuriser. En appui de nos connaissances en métallurgie, il était également important d’appliquer les bonnes approche et méthode, dont le DCMAI issu de la méthodologie 6-Sigma**. 

Un séminaire interculturel, visant à faciliter la collaboration entre français et allemands, a également aidé. Tous les acteurs ont pris conscience de l’influence de la culture dans leurs interactions. Cela a permis de lever les malentendus et de renforcer l’esprit d’équipe.

Finalement, tous ont bien compris que l’objectif commun était d’optimiser la production pour mieux servir le client et améliorer notre performance commune.

Qu’appréciez-vous le plus chez Vallourec ?

Je dois énormément à Vallourec. J’ai eu l’opportunité d’améliorer mes compétences techniques et managériales. J’apprécie les valeurs et le grand soutien des managers qui aident les collaborateurs à progresser, même en des temps difficiles.

« Ce que j’aime le plus dans mon travail, c’est de travailler avec des personnes de différentes origines et cultures... Et travailler au plus près des opérations. C’est très exigeant, il faut être réactif, pragmatique et flexible, mais j’ai besoin de ce cadre motivant », conclut Hélène.

Hélène entrera bientôt dans l’univers des produits OCTG, après son congé de maternité. Souhaitons-lui de relever ce nouveau défi avec succès !


*HKM est le principal fournisseur d’acier de la région Europe/Afrique, basé en Allemagne.

**Six-sigma est une méthodologie utilisée pour améliorer l'efficacité des processus industriels.  "DMAIC", pour "Define, Measure, Analyze, Improve, and Control" ou "Définir Mesurer Analyser Améliorer et Contrôler" la performance, est un de ses principaux outils.
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