Bertrand Maillon, globetrotter innovateur

15/03/2019 - Carrières, Innovation et R&D, France
Au centre de recherche d’Aulnoye, Bertrand se consacre à une technologie du futur : la fabrication additive ou impression 3D. 

Décrivez-nous votre parcours.

Après un DUT en mécanique et productique à Saint-Etienne, j'ai étudié à l'INSA de Toulouse. J'ai intégré Vallourec directement à la fin de mes études, cela fait maintenant douze ans que l'aventure perdure.

J'ai d'abord travaillé au VRCC (Vallourec Research Connections Center) où j'ai développé des connexions VAM®  – notamment le VAM® 21TM  –  une connexion d'avenir pour le groupe Vallourec. Fin 2008, j'ai eu la chance de pouvoir partir à Houston au Texas pour le développement de l'extension du VRCC sur le sol américain. En plus des connexions, je me suis également occupé des qualifications pour les clients, et ainsi valider la performance de nos produits aux contraintes parfois extrêmes des puits.

Puis en 2012, j'ai souhaité me rapprocher de l'opérationnel. J'ai donc déménagé à Glasgow où j'ai commencé en étant VPA (Vallourec Performance Analyst) en charge de l'amélioration continue du site. Puis progressivement, j'ai pris des responsabilités en production en prenant la charge d'une des unités de production. J'ai passé en tout quatre ans à Glasgow.

Par la suite, entre 2016 et 2018, j'ai eu l'opportunité de prendre la responsabilité opérationnelle du site de Dammam, en Arabie Saoudite. J'étais en charge de la production, la qualité, l'ordonnancement et de l'amélioration continue. A cette époque, ma famille habitait au Bahreïn et je passais tous les jours la douane pour rentrer à la maison. Mon passeport est tellement rempli de tampons que certaines pages en sont noires !

Je suis revenu en France en août 2018. Je travaille désormais pour l'innovation au centre de recherche d'Aulnoye-Aymeries et je m'occupe du développement commercial de la fabrication additive pour le groupe Vallourec.



La fabrication additive, c'est quoi exactement ?

La fabrication additive désigne les procédés de mise en forme d'une pièce grâce à un empilement de couches successives – en d'autres termes, la fabrication en couche par couche - pour en donner sa forme finale. On utilise aussi le terme d'impression 3D.

Récemment, nous avons vu l'émergence de nombreuses imprimantes 3D de bureau à destination des particuliers, mais il faut savoir que nous n'imprimons pas seulement du plastique. L'impression métallique, à destination des industriels, est également en plein essor. Il existe beaucoup de méthodes différentes pour faire cette déposition de matière, certaines sont basées sur des technologies historiques comme le soudage ou le shoopage*. Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, on ne fabrique pas de tubes en impression 3D : les outils nécessaires pour imprimer quelque chose d'aussi grand n'existent pas et cela ne serait de toute façon pas économiquement viable… du moins pour l'instant !

En quoi consiste votre travail ?

Je suis en charge de trouver des débouchés commerciaux utilisant la fabrication additive. Nos produits ayant des formes relativement simples – des tubes - la fabrication additive ouvre le champ des possibles. Nous voyons dans cette technologie la possibilité de résoudre certains problèmes clients lié à l'utilisation et à la logistique parfois complexe de nos produits, en ajoutant des fonctions, ou en jouant sur la forme et les matériaux utilisés.

Nous utilisons également cette technologie en vue d'améliorer l'efficacité de nos usines, notamment en termes de maintien des stocks ou encore de solutions plus légères, plus rapides ou encore plus résistantes à l'usure par exemple.

Quels sont les principaux challenges de votre métier ?

La Fabrication Additive étant relativement nouvelle, pour nous comme pour nos clients, la principale difficulté réside dans l'adoption et le changement des mentalités. Nous travaillons dans un marché et une industrie traditionnels. Je dois beaucoup travailler sur les différentes propositions de valeurs. En travaillant sur un nouveau procédé de fabrication, je me rends compte qu'il y a tout à construire. Il n'y a que très peu de procédures et de normes. Nous sommes dans les pionniers de la fabrication sur certaines technologies. C'est très motivant et il faut se retrousser les manches !

C'est aussi un projet très transverse : j'ai l'occasion de parler avec énormément de personnes afin de faire avancer les sujets : les collaborateurs, les clients, les fournisseurs, les concurrents…  Cela prend énormément de temps, mais cela me permet aussi de travailler avec des profils très variés ! Enfin, mon métier nécessite un bon esprit de synthèse. Il faut faire le tri dans la multitude de technologies et de sujets, pour rester concentré et délivrer de la valeur pour la société.

Pour quoi pourriez-vous remercier votre manager ?

Le management de Vallourec place les personnes au centre de l'organisation. Nous avons tous un degré de liberté dans notre poste et c'est cela qui rend notre travail intéressant. De plus, il y a de réelles opportunités d'évolution, j'en suis la preuve : R&D, production, développement commercial… Vallourec permet à ses collaborateurs de se réinventer et d'évoluer régulièrement.

J'aime également la façon dont ma responsable, Sylvie Dubois-Decool, va challenger une proposition ou aborder certains problèmes. Pour moi, elle incarne le Vallourec du futur.

Quels sont vos principaux centres d'intérêt en dehors du travail ?

Evidemment, j'aime voyager ! Pour l'anecdote, suite à des soucis administratifs en 2014, j'ai fait le tour du monde d'Ouest en Est en 10 jours.

Je suis en train de finir un MBA avec l'Université de Strathclyde, sur lequel je travaille depuis trois ans. Je l'ai commencé à Glasgow, j'ai continué au Moyen-Orient et je compte finir mon mémoire en mars 2019. Je crois que mon épouse en attend la fin avec autant d'impatience que moi. Nous avons trois enfants et sans elle il n'aurait pas été envisageable que je me lance dans cette aventure.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu ?

Je l'ai reçu d'Antoine Durand, Directeur R&D, il y a de nombreuses années déjà et je le garde en tête très souvent. « Ce n'est pas le poste qui fait la personne, c'est la personne qui fait son poste ». Il a appartient donc à chacun de donner des tonalités à son travail. Je pense que nous avons tous un rôle d'intra-preneur à jouer. 

*Le shoopage est un procédé utilisé dans la marine, qui désigne la projection thermique consistant à appliquer sur la coque du navire du zinc à l'aide d'une flamme ou d'un arc électrique, pour la protéger de la corrosion par l'air marin et de l'eau salée.